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Le poids inégal des dépenses de santé dans les foyers français

D’après une étude de la Drees, les actifs et les ménages modestes consacrent une part plus importante de leurs revenus à la santé que les retraités et les plus aisés. Explications.

Publié le 01 novembre 2025 # Santé

Une nouvelle façon d’évaluer les dépenses de santé

Analyser les frais de santé des Français au prisme de leur âge, de leur statut socioprofessionnel et de leur niveau de vie : c’est la tâche à laquelle s’est attelée la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Dans une étude publiée fin août qui s’appuie sur plusieurs bases de données de 2019, l’organisme propose ainsi une lecture inédite de la contribution des ménages au financement du système de santé.

À la différence des publications habituelles, cette analyse ne se limite pas au « reste à charge », mais inclut l’ensemble des coûts réellement supportés par les assurés. Sont également prises en compte les primes d’assurance versées aux complémentaires santé, les cotisations sociales et les diverses taxes finançant l’Assurance maladie obligatoire. L’étude en déduit le « taux d’effort » des ménages, c’est-à-dire la part de leur revenu affectée à ces dépenses.

Les travailleurs contribuent davantage que les retraités

Premier constat : la santé pèse lourd dans le budget des Français. Elle représente en moyenne 15 % de leur revenu, soit environ 6 800 euros par an — contre 4 400 euros dédiés à l’alimentation(1) à titre de comparaison. L’Assurance maladie perçoit l’essentiel de ces financements, via les cotisations sociales maladie, la contribution sociale généralisée (CSG) et les taxes sur la consommation (TVA, etc.). Ces charges constituent en moyenne 11 % du revenu, auxquels s’ajoutent le coût de l’adhésion à la complémentaire santé et les restes à charge (respectivement 3 % et 1 % du revenu).

Autre enseignement : le taux d’effort varie fortement selon le profil des ménages. S’il est commun d’associer l’avancée en âge à des soins plus onéreux, l’étude vient renverser cette idée reçue : les actifs en emploi consacrent une plus grande part de leurs ressources que les retraités au financement de la santé. Cette disparité s’explique principalement par le poids plus important des cotisations sociales et de la CSG dont s’acquittent les salariés et les travailleurs indépendants(2).


Poids de la santé dans le revenu des ménages d'actifs en emploi et de retraités, par niveau de vie

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 Source : Drees

Des « taux d’effort extrêmes » pour certains ménages modestes

Par ailleurs, ces prélèvements étant calculés sur la base du revenu d’activité, le taux d’effort des actifs augmente mécaniquement avec le niveau de vie. Il s’élève en moyenne à 18 % pour les foyers très aisés (dont 16 % alloués à l’Assurance maladie) contre 15 % pour les travailleurs très modestes. À l’inverse, chez les retraités, le taux d’effort est régressif : les plus aisés accordent 11 % de leurs ressources aux frais de santé, les plus modestes 14 %.

Cette proportion atteint 34 % pour 1 % des ménages. Il s’agit le plus souvent de personnes à faibles revenus ou de retraités, souffrant plus fréquemment d’une affection de longue durée (ALD) et ayant peu recours à la complémentaire santé solidaire. Pour ces assurés confrontés à des dépenses de santé élevées et mal couvertes, les restes à charge peuvent représenter jusqu’à 12 % du revenu.

À noter : l’étude porte sur l’année 2019, soit avant l’application du dispositif « 100 % santé » garantissant la prise en charge intégrale de certains soins optiques, dentaires et d’audiologie. Les auteurs estiment toutefois que les restes à charge pourraient se maintenir à un niveau conséquent pour cette catégorie de ménages, le recours aux équipements remboursés à 100 % n’étant pas systématique.

(1) Étude « Budget de famille », Insee, 2020.
(2) Le taux de CSG applicable aux revenus d’activité est de 9,2 %. Il est inférieur pour les pensions de retraite pour lesquelles il varie entre 0 % et 8,3 % selon le revenu fiscal de référence du ménage. De plus, les cotisations sociales maladie prélevées sur certains revenus s’élèvent à 7 % du salaire pour les salariés du privé rémunérés en dessous de 2,5 Smic, et 13 % pour les autres. Les retraités du secteur privé payent des cotisations sociales maladie uniquement sur leur retraite du régime complémentaire et non sur leur pension du régime de base, et à un taux plus faible que les salariés.