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Innover en capitalisant sur l’agilité des start-up

Alliant investissement financier et collaboration de proximité, le fonds AG2R LA MONDIALE Innovation parie sur le potentiel de jeunes pousses pour bâtir la protection sociale de demain. Présentation par Laurent Charon, directeur Innovation et Transformation du Groupe.

Publié le 01 juillet 2025 # Services

Quelle est l’approche du Groupe en matière d’innovation et comment est-elle mise en œuvre ?

Laurent_Charon2.pngLaurent Charon : Notre démarche consiste à faire appel aux idées et aux compétences extérieures pour nourrir la transformation d’AG2R LA MONDIALE. Pour cela, on s’appuie sur un écosystème de start-up, d’incubateurs ou de centres de recherche, dans une logique de partage et de coopération. C’est ce que l’on appelle l’open innovation ou innovation ouverte. Celle-ci nous permet de démultiplier notre capacité à innover, en capitalisant sur l’agilité de jeunes pousses qui ont déjà plusieurs années de recherche et développement à leur actif.

Nous parlons ici d’innovation au sens large, qui ne se limite pas à la technologie : elle peut aussi concerner nos façons de travailler, notre vision de la culture client, de nouveaux usages… En somme, tout ce que nous ne faisions pas auparavant. Il s’agit donc de « déclencher » l’innovation en allant la chercher en dehors de nos murs, puis de « l’ancrer » en accompagnant étroitement les équipes des différentes entités du Groupe dans leur appropriation de ces sujets. C’est un ouvrage collectif, mené de manière très transversale, où la dimension humaine joue un rôle central.

Comment le fonds AG2R LA MONDIALE Innovation s’inscrit-il dans cette stratégie d’innovation ?

L.C. : AG2R LA MONDIALE Innovation est le fonds corporate venture(1) d’AG2R LA MONDIALE, créé en 2019. Ce fonds d’investissement – dont AG2R ARPEGE est actionnaire – a pour vocation de soutenir de jeunes entreprises françaises innovantes, en lien avec nos métiers. Elles évoluent principalement dans les secteurs de la e-santé, des services financiers, de l’assurance, de la règlementation, de l’efficacité opérationnelle ou encore du bien-vieillir. On couvre ainsi tout le spectre des activités du Groupe, mais on peut aussi s’emparer de sujets connexes présentant un intérêt pour nos clients. Par exemple, la cybersécurité, un domaine où les besoins sont immenses aujourd’hui.

Une fois la start-up sélectionnée, nous procédons à un investissement minoritaire sous forme de prise de participation, en co-investissement avec d’autres fonds, et ce dès les premières phases de son développement. Le fonds s’attache par ailleurs à participer à la gouvernance des sociétés qu’il accompagne, dans une logique de collaboration de proximité. C’est une relation de long terme qui s’instaure : nous restons au capital de l’entreprise entre trois et cinq ans.

AG2R LA MONDIALE Innovation en chiffres
40 millions d’euros de budget
14 participations actives à ce jour
2 à 3 nouveaux investissements par an
1 000 dossiers de start-up étudiés chaque année

L’objectif est de créer de réelles synergies opérationnelles avec nos différents métiers. Ces synergies peuvent prendre différentes formes : une solution technologique, une plateforme de distribution, un produit, un service… En contrepartie, les start-up partenaires bénéficient de nos expertises, de notre connaissance fine du marché et de notre compréhension des besoins clients. Nous sommes tout à fait complémentaires !

Comment ces partenariats se traduisent-ils concrètement ?

L.C. : On peut évoquer plusieurs investissements emblématiques, qui illustrent bien l’impact du fonds, pour les particuliers comme pour les entreprises. Premier exemple : MySofie, qui propose une solution numérique de suivi des frais de santé. Et qui n’est autre que le concepteur de Côté Santé, l’application du Groupe bien connue de nos assurés ! À ce jour, Côté Santé compte plus de 325 000 téléchargements et 275 000 utilisateurs. Il y a aussi Klaro, un service qui facilite l’accès des salariés de ses entreprises clientes aux aides et avantages financiers auxquels ils ont droit.

Côté entreprises, nous pouvons citer Fasst, une plateforme de distribution pour les professionnels de l’assurance, qui permet de fluidifier les parcours de souscription et de renforcer l’accompagnement client. Nous avons cédé notre participation l’an dernier, lorsque la société a atteint une taille suffisante pour poursuivre sa croissance sans nous. Mais nous en sommes toujours client ! Autre exemple : Qontrol, le premier assistant virtuel de cybersécurité dédié aux PME.

Et je finirai par un projet qui nous tient particulièrement à cœur : Wandercraft, qui aide les personnes à mobilité réduite à se déplacer, grâce à son exosquelette Atalante. C’est avec beaucoup d’émotion et de fierté que nous avons pu voir Kevin Piette, paraplégique et désormais pilote d’exosquelette, porter la flamme aux Jeux olympiques de Paris 2024. Voilà aussi à quoi sert AG2R LA MONDIALE Innovation : la recherche du bien commun !

Quels sont, selon vous, les prochains leviers d’innovation en matière de protection sociale ?

L.C. : Les choses bougent du côté des thérapies numériques. Certaines commencent à s’intégrer dans les parcours de soin, avec des mécanismes de remboursement tant au niveau du régime général que complémentaire. Ces outils sont de véritables dispositifs médicaux, conçus pour traiter des pathologies ou leurs symptômes, et validés par les autorités de contrôle.

C’est une évolution très intéressante, parce qu’il s’agit de solutions accessibles, très personnalisées, qui peuvent venir en complément ou en substitution des traitements classiques, avec un suivi à distance facilité. La solution de téléréadaptation cardiaque d’Ensweet, une autre start-up que nous soutenons, en est un très bon exemple. De mon point de vue, ces « médicaments numériques » pourraient, à terme, transformer notre rapport à la santé et à la prévention.

Une autre tendance que nous observons concerne la fluidification du paiement des frais de santé. Avec cette promesse qu’à l’avenir, les assurés n’auront à régler que leur reste à charge, directement avec leur téléphone portable.

(1) Fonds d’investissement en capital-risque de grandes entreprises.